Interview d’Anaïs Biguine, créatrice de Jardins d’écrivains.

By 3 décembre 2020 Non classé No Comments
Anaïs Biguine

A travers sa collection Jardins d’Écrivains, Anaïs Biguine relis des incontournables de la littérature…en odeurs. Moi-même avide lecteur, j’ai été séduit par ce projet qui unit de si belle manière deux de mes passions : littérature et parfum. Pour les figures et atmosphères évoquées, bien sûr, mais aussi pour l’interprétation personnelle qui s’exprime dans chaque senteur.
Plongée en dix questions dans cet univers romanesque et poétique.

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Comment vous est venue l’idée de créer cette collection?

Comme j’ai toujours fonctionné à l’instinct, un jour en visitant la maison de Victor Hugo à Guernesey, j’ai ressenti une évidence.
Issue du monde de la photographie et de la beauté et d’une famille de grands lecteurs, j’ai inconsciemment développé un médium d’expression.
Je n’aurais probablement pas eu l’idée de créer des parfums sans le besoin de sentir la littérature.
Disons que Victor m’a soufflé l’idée au creux de l’oreille et que George (Sand) m’a inspirée pour mon premier parfum.

Mots et senteurs nous font chacun vibrer différemment. Que révèle,selon vous, l’odeur, que les mots ne peuvent pas dire?

La langue Française est particulièrement riche de nuances et le parfum possède un langage si vivant !
Sentir, c’est ressentir. Les mots se lisent ou s’entendent ,ce qui est déjà si différent…Il n’y a pas de rivalité, juste un complément d’informations.
L’odeur est un feeling directement connecté à une base de données située dans notre cerveau, on peut difficilement se mettre à aimer ce qui évoque un mauvais souvenir.

Le parfum est-il plutôt du registre de la prose ou de la poésie?

Le parfum peut évoquer beaucoup de choses! Un poème, une prose, une musique de chambre ou un requiem!
Personnellement, j’aime assez l’idée d’un parfum poétique. La gamme « Pléiades » Jardins d’écrivains est un travail autour de la poésie du XXème siècle.

Quelles sont les lectures qui vous ont le plus marquée?

Très jeune, j’ai adoré lire Zweig. Il aurait pu me faire aimer le diable! Passionnée d’histoire, je suis évidement sensible aux biographies.
D’ailleurs, mes créations narratives invitent à l’histoire de la littérature.
Il y a tant de livres qui donnent la sensation d’avoir grandi après les avoir lus, c’est difficile! Évidemment, Le parfum de Süskind bouleverse le nez.

Vous créez des parfums, mais aussi des bougies, diffuseurs, décantations et fumigations…
est-ce un hommage à l’Histoire du parfum, à sa dimension sacrée, une invitation à découvrir les senteurs autrement?

J’aime toutes les facettes du parfum! La cologne dont on aime s’asperger généreusement en sortant de la douche et qui vous dynamise le matin. Le parfum qui, dans le cou, va accompagner votre journée et convenir à votre emploi du temps. L’huile précieuse parfumée qui va définir les boucles de mes cheveux.
L’eau de la nuit pour guider mes rêves. Le sillage d’un living room hospitalier, la délicate fragrance florale d’une chambre, vaporisée sur les tissus.
Une flamme dansante aux effluves de feu de bois pour accompagner mes lectures. Un pot pourri d’encens célestes pour méditer ou prier.
Je ne conçois pas la vie sans porter une intention olfactive, comme pour m’assurer que la prise de conscience du présent est la vraie façon de se sentir heureux.

Si vous deviez coordonner des parfums de peau et d’intérieur au sein de votre gamme, quelles associations suggéreriez-vous?

Beaucoup de combinaisons sont possibles! Prenons par exemple: un spray Ernest et le parfum Exil en mood tropical ou encore une cologne Tagore et une bougie Ex Voto aux allures orientales.
Nous pourrions ainsi marier par l’harmonie mais aussi créer une combinaison étonnante comme Loy ( une rose safranée) et un spray Walden (feuille froissée de cassis).

Pouvez-vous nous parler de vos projets en cours?

J’adore les projets!!! En ce moment, je m’amuse énormément avec ma nouvelle marque Chapel Factory, qui interprète les encens.
Je travaille sur l’idée de créer des sanctuaires personnels, une sorte d’autel olfactif pour porter des intentions à des personnes absentes, méditer, prier ou rêver.
Le parfum a plusieurs vertus et j’aime beaucoup sa partie spirituelle.

Vos parfums, originaux et de belle qualité, restent accessibles financièrement. C’est important pour vous?

Je trouve vulgaire de créer ou de consommer des produits au luxe inutile. Le budget d’un produit doit résider dans la qualité de la matière première et non dans le packaging.
J’aime faire des produits sobres, je préfère la simplicité et le charme plutôt que les choses ostentatoires.

Si vous deviez ne garder qu’un livre, un parfum et une bougie, quels seraient-ils?

Cette question est une torture… un livre, celui de ma fille qui vient d’écrire un très joli roman, Saint Coca, qui me procure beaucoup de fierté.
Un parfum, si je dois répondre aujourd’hui : Baptisma de Chapel Factory, car je ne peux plus vivre sans!
Une bougie, Feu Mystique pour son côté roots et berger de Jérusalem. 

Les parfums peuvent-ils être une invitation à la lecture? Avez-vous déjà eu des contacts avec des clients qui ont découvert une œuvre grâce à vos créations?

Mais absolument! J’ai souvent pris des chemins de traverses avec Jardins d’écrivains, ce qui a favorisé les échanges et les découvertes.

Une interview réalisée par Hubert Alexandre pour Parfum d’Ambre, où nous vous invitons à venir découvrir les belles créations d’Anaïs Biguine : Jardins d’écrivains, mais aussi Gri gri, qui évoque les riches traditions du tatouage, du Japon à la Polynésie, en passant par l’Inde et les États-Unis…et prochainement, Chapel Factory.

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